Xan eta Mizel Urbistondo kaikuenean

Ils sont cultivateurs, maçons et tailleurs de pierre de père en fils

 

SARE- Mixel et Xan Urbistondo héritiers de « Patxola »

 

Dans la maison « Kaikuenea » du quartier « Lehenbizkai », Mixel Urbistondo est assis à l’extrémité de la table, sa femme à sa gauche, au milieu de meubles tel le « zizelu », élaborés de sa main. Dehors, depuis l’atelier, résonne le son du burin manié par son fils Xan. Aujourd’hui, ce sont les traits d’un pelotari qui apparaîssent en relief sur la discoïdale destinée à l’éternel d’un joueur de pelote. Mixel parle intarrissable, dans sa langue basque, sur le sujet des tailleurs de pierre (maître masson lit-on sur certains linteaux) qu’il connaît si bien. Il est d’ailleurs né dans la ferme « Hitia » du quartier « Elbarrun », quartier qui a vu opérer d’autres tailleurs (Garbisu de la maison « Zulubia », Guijarro de « Xoldorrizko-borda », Hiriart « d’Aniotz-gaina », Urbistondo de « Hitia »). Ceux-ci sont en général des agriculteurs et exercent le travail de tailleurs en complément, quelquefois de père en fils, comme Mixel et son jeune fils Xan. Mais tous n’ont pas transmis ce savoir à la différence de son grand-père « Adame » et de son père Jean-Baptiste qui furent aussi des cultivateurs et des créateurs.

Apprentissage-A leur contact Mixel a pu s’éveiller à ce métier pour s’étonner devant la croix de la chapelle Saint Eloi, non loin de chez lui. C’est dit-on une œuvre du tailleur « Patxola » (1983- 1956), le plus grand par le talent : « vers l’âge de 14 ans, je me suis demandé comment avait pu être réalisé le fût cylindrique qui supporte cette croix». A cette époque il y avait une trentaine d’artisans-maçons à Sare dont l’une des occupations était de dégager puis d’extraire, à plusieurs mètres de profondeur quelquefois, pendant des journées, les blocs de pierres de la Rhune, avant de les descendre vers l’atelier au moyen d’un traîneau (lerak). Il se souvient du travail des maçons Xarles Pradère ou Tiburcio Hiriart, ouvriers de Patxola. En les regardant opérer, en taillant la pierre lui aussi, il a appris à « sentir ce matériau » pour finaliser le travail de maçon : tracer, tailler, poser. Le passage à la réalisation de linteaux ou d’une discoïdale allait ensuite de soi. D’autant que, dans le cimetière autour de l’église, les réalisations de Patxola sont des modèles du genre.

Réalisations - Elles sont possibles à partir d’outils relativement classiques comme la masse (borra), le marteau (mailua), le ciseau (zizela), le pieu métallique (palenka), le burin (ziriak), la régle (erregela). Le tailleur doit donc savoir façonner le métal pour réaliser ces outils dans sa forge ou celle de « Fusildeguia ». Mixel possède un trésor en la matière, une partie des outils de Patxola, légué par la famille. Lorsqu’elle est réalisée, la pierre plate tombale et la discoïdale verticale sont disposées suivant un rite précis. En plus des discoïdales, des réalisations importantes de Mixel et de son fils sont visibles. Certaines sont monumentales comme la croix, toute en symboles, dans le nouveau cimetière de Sare, l’hommage aux bergers basques aux Aldudes, la stèle de Gernica ou celui aux martyrs du Franquisme dans l’ossuaire du cimetière de Bidart et encore le menhir au souvenir des morts de la guerre d’Algérie, à Louhossoa. Pour la signature, ne la cherchez pas, la discrétion est la règle, à part une signature en forme de sabot dans l’église qui fait suite à une histoire croustillante.

      Jean Pouyet

Paulette Hiriart à côté de Ibarnégaray (Président de la Fédération) offre la coupe aux champions de France de Sare (1931) : Joseph Larronde, Pantcho (Jorajuria), Patxola, Jean Lemoine, Etchart
Paulette Hiriart à côté de Ibarnégaray (Président de la Fédération) offre la coupe aux champions de France de Sare (1931) : Joseph Larronde, Pantcho (Jorajuria), Patxola, Jean Lemoine, Etchart

Les tailleurs de meule à Lehenbiscay

Quelques réalisations de Patxola 

Les commentaires sur les tombes sont extraits du texte de M. Duvert, dans « Harria eta Herria », Bulletin du Musée Basque, N° H.S., 2003

 

J.B. Yruritagoyena 1883-1956, tombe de Patxola mais n’est pas de lui

 

Tombe de la faille Bur, réalisée par J. Urbistondo, Hitia

Tombe de la famille de Portua, une des 1ères de Patxola, année 1930 ?

 

Elissalde Larzabal Familien Hobia, une des plus belles réalisations de Patxola, 1938

 

Tombe de la jeune M.M. Sansinenea-Urbistondo, faite en 1939 par Patxola, tombe d’adulte en miniature 

 

A la mémoire d’Axular par Patxola