Le jeu des bergers ressuscité

Le jeu des bergers ressuscité

Le mardi matin 11 septembre, vers 10h30, lors des fêtes de Sare, un ancien jeu de balle, le Bota Lüze (le But long), a été « ressuscité » grâce au travail du pelotari Ellande Alfaro. Il avait mobilisé des joueurs de main nue ou de chistera d’Arcangues, Saint Pée, Sare sur la prairie qui avoisine le trinquet « Pleka », car ce jeu était pratiqué à l’origine par les bergers sur leurs lieux d’estive. Le rebot, qui en est un héritier, a repris la plupart des caractéristiques de ce jeu mais avec des différences dues à l’utilisation combinée des instruments (gants de cuir et chisteras) et de la main nue. Il est pratiqué sans mur, sur un terrain herbeux de 60 ms par 15 ms, délimité par une ligne au sol, appelée « eskatz », qui divise le terrain en deux camps. Le « botu harria », pierre d’engagement, est situé à une extrémité.

Ancêtre du rebot. Chaque équipe se compose d’un buteur et de 4 refileurs soit 10 joueurs au total. La balle (grosse comme une pelote de pasaka) peut être jouée soit de volée soit après le premier rebond jusqu’à la première pelote fausse ou non reprise par l’équipe adverse. Toute pelote qui sort directement au delà des lignes latérales ou de la ligne de fond est déclarée fausse et fait perdre un point compté 15 (kinze). Tout joueur qui touche deux fois la pelote lors du même renvoi fait un « berjez » et son équipe perd le point. Les points se décomptent comme au rebot. Kinze, treinte (30), kuente (40), jeu. Il faut deux points d’écart pour gagner le jeu et en cas d’égalité à 40, les deux équipes reviennent à 30. Les parties se jouent en 7 jeux. Les règles de changement de camp étaient celles de l’actuel jeu de rebot où le terme « arraya » (ligne provisoirement déplacée marquée par un rameau) a supplanté le mot originel « chicha » ou chasse. C’est en 1996 que les jeunes du village d’Idaux- Mendy ont reconstitué les règles de ce jeu qui fait partie du patrimoine culturel et mérite d’être connu à ce titre.

 

Sarako herrico Jaun aintzindariec eman duten arrasta pilota huntako yokuaren gainean

Régles spécifiées par les dirigeants de sare pour le jeu de rebot (document affiché à la mairie de Sare)

 

1- Que ce soit au rebot ou au laxoa, la pelote que l'on renvoie par-dessus le mur de rebot est fausse

2- La pelote qui est pik qu'on arrête avec la main ou de quelconque manière sera arraia, cinq mètres plus bas que le coin de la pierre de l’errebot. Au même endroit sera arraia, la pelote pik ramenée en traînant ou envoyée en dehors de la place. Il y aura arraia au même endroit si le buteur touche du bond, avec la pelote, le refileur.

3- Si un joueur frappe son compagnon avec la pelote sans le savoir ou si lui-même l'a voulu ainsi, il y a point perdu

4- Les compagnons du buteur ne sont pas autorisés à arrêter la pelote en traînant, en doublant, ils perdront le point, s'ils l'arrêtent.

5-Celui qui arrête la pelote sur la raie, doit avoir les deux pieds sur la raie ou en dehors de la raie. Mais s'il a un pied ou les deux dedans, Il y aura arraia

6-Toucher les murs des maisons du bord de la place de volée est faute. Toucher le devant de Lekuederrea, Erretoraenea eta Boticarioa de volée est faux. Tous les devants des autres maisons, bon. Toucher la Galerie de Boticarioa de volée, faute. La raie du paso sera au coin supérieur de cette galerie

 

Fait à Sare, le 20 août 1868 - Sarako Jaun Balnar Apheza, P. Goyetche

 

Dès la fin du XIXe siècle et durant une grande partie du XXe les joueurs de pelote de Sare ont été parmi les plus renommés. Que ce soit au rebot, au pasaka ou dans d’autres spécialités.

Ils ont suscité l’intérêt du public et des plus grands, comme le roi Edouard VII d’Angleterre qui vint à Sare pour assister à une partie de Rebot en 1907.

 

Quelques affiches des fêtes fin 19è siècle

On remarque l'en tête "Fête de l'église" et le terme inusité maintenant "Baldarn apheza" (Maire). Les maires de l'époque cités sur ces affiches sont Pierre Goyetche, Jean Martin Laurent Dithurbide (donateur pour l'hospice de Sare), Martin Eliassague

Après un repas servi à l'école publique (au fond), le roi Edouard VII s'avance à pied vers le fronton pour assister à une partie de rebot
Après un repas servi à l'école publique (au fond), le roi Edouard VII s'avance à pied vers le fronton pour assister à une partie de rebot

CHIQUITO DE CAMBO, LE DON QUICHOTTE DE LA PELOTE BASQUE

Un héros de légende, avec sa très forte personnalité, son caractère têtu et violent, son orgueil, sa fantaisie, son désintéressement qui le laissa complètement désargenté après avoir gagné des millions or.

Chiquito de Cambo était une sorte de Don Quichotte de la pelote basque, promenant sa fierté et son franc-parler sur tous les frontons du monde. L'argent lin importait peu; seule, la victoire lui tenait à cœur. Il ne vivait que pour manier le chistera et gagner.

Puissant et souple à la fois, possédant un coup d'œil d'aigle, « le plus beau bras du Pays Basque », lorsqu'il entendait fuser autour de lui les invectives des spectateurs, lançait en jurant de colère la pelote hors des limites du fronton et se retournant vers la foule, il criait : Allez donc la chercher, maintenant!

Il était l'ami d'Alphonse XIII, d'Edouard VII, d'Edmond Rostand, de Max Dearly.

Un jour, alors qu'il se trouvait opposé, sur le curieux fronton de Sare, petite cité frontière, où chacun, du maire au curé naît contrebandier, à Trecet et à Eloy, Édouard VII accourut encourager son ami Chiquito. Comme il faisait très chaud, Sa Majesté, qui avait fait un bon déjeuner, s'assoupit au milieu de la rencontre. Lorsqu'elle se réveilla, le match était à peu près terminé. Vexé, Edouard VII fit appeler les joueurs en leur disant : seriez-vous assez gentils de reprendre la partie au point où je me suis endormi ?

Chiquito s'exécuta en grognant. Et, de rage, il lança la balle avec une force inouïe.

Et cette dernière brisant une vitre de la salle du Conseil Municipal (la Mairie face au fronton, à 110 mètres), vint échouer aux pieds des buveurs d'absinthe espagnole.

 

G.B.

 

A son arrivée au fronton de Sare, le roi se voit remettre une chistera par Chiquito de Cambo (en blanc)
A son arrivée au fronton de Sare, le roi se voit remettre une chistera par Chiquito de Cambo (en blanc)

S. M. le roi Edouard VII est, on le sait, un amateur passionné de tous les sports. Lorsqu'il réside à Biarritz, son plaisir préféré est d'assister aux joutes de pelote, le sport national par excellence de notre pays basque, données en son honneur. Plusieurs frontons se sont ouverts en son honneur. Récemment, c'est le fronton de Sare qui eut l'honneur de la visite et des encouragements royaux et Chiquito était là. A ce sujet, (voici) une anecdote peu connue.

Sare, petit village situé an pied de la montagne des Trois Couronnes, qui sépare la France de l'Espagne, est le berceau de la « pelote » basque française. Tous nos plus célèbres pelotaris y ont vu le jour. On raconte qu'au temps de la Grande Epopée, quatorze soldats basques ayant appris qu'il y avait une grande partie de pelote à Sare, leur village, obtinrent une permission, et, quittant ensemble leur régiment campé aux bords du Rhin, vinrent à Sare, gagnèrent la partie contre leurs rivaux l'équipe espagnole et rentrèrent sous les drapeaux la veille de la bataille d'Austerlitz.

 

Le Pèlerin N° 1738, p. 3, 1910

 

Voici quelques images autour de 1917 avec des pelotari non identifiés

J.P. (photos H.D.)

LES CONFRONTATIONS

1925

La Soule contre le Labourd

1925, G à D?, Grison, Parrot, Heugas, Harritschellar Madré, Paul Henry (Ermoni), Larronde, Francois Rospide, Henri Collombet

Orio-Sare

De G à D: Aguirre Pépito, Lemoine Jean, Jorajuria Pantxo, larronde, Olano Nicolas 

Equipe Jean Lemoine 1931

L'équipe des Aguirre

Pie Aguirre, Patxola (Urubetagoyena), Andde Aguirre, Eusébio (Jauregui), Pantxo (Jorajuria)

Sare champion de France1931

Pépito Aguirre (3è gant), Nicolas Olano (buteur), Irubetagoyena (Paxola) cordier, Joseph Larronde (paret), Pantxo (errebot) 

 

Pépito Aguirre, Joseph Larronde, Paul Henry, Pancho Jorajuria, Irubetagoyena, Etchart (plutôt Olano Nicolas) 

France- Espagne 1934

Chiquito d'Orio, Lemoine, Embil fils, Embil père, Recordo Recondo, Eusebio, Recondo

Confrontation pendant les fêtes de Sare

Pantxo Jorajuria, fondateur de Sarako Izarra en 1937

1937, rebot Aguirre Pie, ?, Pantxo, Larronde, Auto Pouce , Manel Fagoaga, Patxola, Aguirre André, Lemoine, Eusebio

 

Les gros contre les maigres

Une tradition (ici en 1948) voulait qu'une partie de rebot soit jouée le dernier jour des fêtes qui opposait l'équipe des gros à celle des maigres.

Ici pour les minces de G à D:  Henri et Jean Hiriart (4è et 5è), l'instituteur Jean Pierre Aigneren (6è) juge des maigres

Pour les gros: Pottolo Halty (3è), secrétaire fédéral de la fédération, Paul Dutournier (2è), maire de Sare, Jean Baptiste Lastiry juge des gros (1er)

Pour les fêtes, Baigorri et ses joueurs prestigieux

Accroupis, de l'équipe de Sare: Eusebio (Jauregui), Lemoine, Piztia (Doyarcabal), Larronde Pierrot, 

debout: kaiku

Baigorri: Petricorena, Arcé Emile, Errecalde Jacques, Bidart (debout)

On voit aussi de g à d: Don Bernardo, Jorajuria Leopold, Duguet Max, Pradère, Ithuralde, Etcheverry le curé, Dutournier Mixu, Arrieta Jean, Dutournier Paul, Larronde, Fagoaga Jean, Etcheverry Pierre le buteur, Larregain Jean, Collombet

Sare contre Baigorry 

Lemoine, Aguirre Andde, Larronde Pierrot, Kaiku (Dutournier Jacques), Piztia (Doyarcabal), Bidart, Arcé Emile, Errecalde Jacques

Eusébio (Jauregui), Petricorena

Finale Sare Hasparren, 4 août 1957, gagnée 13-7

(Darmendrail), Fagoaga Paul et Jean (Ordoquy), Dutournier Paul (Bonnefonds Peio), Eusebio Jaurégui, Kaiku Dutournier, (Fagoaga Père), Elorga Paul

Les deux frères Larrondo

Plaque commémorative apposée sur le fronton de Sare, en l'honneur des deux frères Larronde nés à Portua où ils pratiquaient le métier de forgeron avec leur père Martin.

1-Larronde Ganixon (06/12/1858-03/05/1904). Il est le père de Martin Larronde (29/01/1900-19/11/1989) le carrier et de Joseph Larronde (22/12/1901-07/07/1975) le transporteur

2-Larronde Clément décédé en Amérique du Sud, au Chili peut-être, sans laisser de traces

 

Aujourd'ui et demain

Souvenez vous tous

Qu'ils étaient de Sare

Les deux frères Larrondo

Des refileurs incomparables

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Fait par l'union des joueurs de pelote

1931

Mariage des fêtes de Sare et du jeu de pelote vers 1960

J.P.