L’exposition « usoak sarean »

L’exposition « usoak sarean » est lancée. Après une présentation détaillée (méthodes, organisation, budget) à Henri Dutournier (présidents des 10 sites de chasse à la palombe aux filets),  une équipe composée par Jacques Luquet, Jean Pouyet, Jean Michel Garat et Henri Errandonea travaille à la réalisation de l’expo et à la recherche de partenaires pour boucler le budget.

Toutes les personnes intéressées par le sujet peuvent se joindre à nous ou bien nous amener une aide financière.

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Des générations de Saratars se sont succédé dans les multiples postes de cette chasse ancestrale.

L’attachement de notre village pour les palombières est incontestable et grâce à une équipe de passionnés, elle se perpétue.

Beaucoup d’anciens ont encore un souvenir vivace de ces chasses ou les prises de palombes se comptaient par milliers.

Les pantières de Sare sont anciennes. On dit qu’Henri IV y serait venu.

Napoléon III y est passé et depuis, de très nombreuses célébrités ont honoré ce lieu. Autrefois, 12 sociétaires géraient cette chasse dont le curé. Aujourd’hui, 21 sociétaires maintiennent à bout de bras cette tradition.

Changement migratoire, modifications climatiques, les prises ne sont plus qu’un lointain souvenir. Pourtant, par le passé, les directeurs des autres chasses y étaient formés. Un journal de 1893 nous informe qu’en ces temps reculés, il se prenait certains jours 30 à 40 douzaines de palombes mais guère plus de 2 ou 300 douzaines pour toute la saison.

En 1926, Francis Jammes a écrit un remarquable poème sur la chasse aux pantières de Sare. La vieille tour de pierre, marque de sa majesté les superbes paysages de la montagne basque juste avant l’océan. Dans la mémoire collective, Sare restera à jamais «l’enfer des palombes» et une superbe promenade.

 

1947, aux palombières de Sare, Pradère, Leremboure, Chaparteguy et Ordoqui
1947, aux palombières de Sare, Pradère, Leremboure, Chaparteguy et Ordoqui

Une chasse ancestrale

Ce qui mérite d'être relaté dans cette chasse c'est que ni la façon de chasser, ni sa réglementation ne semblent avoir le moins du monde varié au cours des siècles et c'est là un exemple frappant de l'attachement des Basques à leurs vieilles traditions.

A Sare, la partie de la forêt où elle se pratique appartient à la commune et est désignée au cadastre sous le nom de «Palombières». Cette partie était affermée à une société dite «Société de la Palombière de Sare» qui était composée de 12 membres possédant chacun une part. Ces parts appartenaient primitivement à 12 maisons et non pas en propre aux propriétaires de ces maisons. Pour posséder une part il fallait acheter la maison et sur ces 12 parts l'une revenait au curé, lequel tous les dimanches du 29 septembre au 11 novembre devait célébrer une messe à 3 heures du matin pour les chasseurs. Les huit autres parts appartenaient aux deux chefs de la chasse et aux plus anciens chasseurs qui étaient eux, chargés de la manœuvre du filet.
Renouveau. Le nombre de sociétaires a augmenté, le nombre de captures a diminué et la répartition est devenue fantomatique. Pourtant, les plus anciens se souviennent de marques historiques, de 851 douzaines prises aux filets de Sare en 1942 ! En 2010, Paul Pradère, à l’âge de 73 ans, a laissé son poste aux filets pantières après avoir débuté là il y a 60 ans ! Il a occupé tous les postes de cette chasse: abatari, trapari «A l’âge de 13 ans je montais ici avec mon père. Nous partions tôt, à pied, de notre maison Harburua alors qu’il faisait à peine jour. Mon père passait d’ailleurs les nuits dans la cabane, sur la litière de fougère. Au début nous prenions de 300 à 400 douzaines». Le 15 octobre ou le dimanche qui suit cette date, une fête s'y célébrait, appelée « minima », où jeunes gens et jeunes filles s'y donnaient rendez-vous, et où les réjouissances s'exprimaient par des danses et des chants ». Ces usages se sont en partie modifiés au cours des années. Cette année, l’association «Sarako Ondarea» a décidé d’œuvrer pour redonner tout son éclat bleuté à cette partie de l’histoire de Sare. Son travail a été grandement conforté par les 20 sociétaires enthousiastes de «Sarako Usotegia».
 
Sociétaires : Aguerre Etienne, Alli José Luis, Amorena Pedro, Arrieta Mariano, Arrieta Mattin, Bonnefons Pello, Calvet Philippe, Chapartegui Jean, Durruty Pierre, Dutournier Henri, Iriart Pierre, Jorajuria Mattin, Larronde Jean Louis, Lastra Ramuntxo, Mentaveri Evaristo, Oronoz Jean Louis, Pradère Michel, Saint Martin Iñaki, Sorondo Ramuntxo, Mairie de Sare
Octobre 2011

 

Extrait du documentaire d'Orson Wells réalisé en 1955 pour la BBC au Pays Basque (Ciboure, Sare etc...)

si vous reconnaissez des personnages ou bien avez des souvenirs, photos, documents etc... contactez nous

Exemple de transmission de droits de chasse

Ici, côté face du document, Martin Elissague cède sa part à Joseph Larronde. Le document timbré porte un N° d'enregistrement à Ustaritz et la cession est de 1933

Côté verso, sont mentionnés le prix de la cession, les droits et charges qui incombent à l'acquéreur, toujours le 20 août 1933

Les pantières d'Etxalar

Certainement l’installation la plus ancienne puisqu’un document de 1378 atteste que les filets devaient donner tous les ans au 1er janvier 24 palombes vivantes au curé du village. Quelques dizaines d’années plus tard, confirmation du dicton «on est jamais mieux servi que par soi-même». Le curé dû subir les foudres de l’évêché, sur plainte des habitants, car il donnait la messe à 4 heures du matin pour aller tirer les filets.

Cette installation est également connue pour la particularité d’avoir ses filets en Espagne et le rabat des oiseaux en France. Un règlement, plein de sagesse a, de tout temps, été établi entre les deux installations sœurs de sang et voisines, afin de pallier à tout accroc ou rivalité.

Dans cette chasse comme ailleurs, le contraste des prises est flagrant. Après les années fastes de 1930 à 1950, les prises sont bien faibles. Mais il faut garder espoir car en 1864, le propriétaire ne trouvait plus de chasseurs tant il se prenait peu de palombes.

 

Histoire de la société « Palomeras de Etxalar»

 

Vers 1870, lors de la 2ème guerre carliste, le ménage Arribillaga, vieille famille Carliste basque propriétaire à Etxalar, dut s'enfuir. Ils étaient les parents des frères Périco et Léoncio Arribillaga plus tard gérants des palombières. Réfugiés, ils furent accueillis par Jacques Abbadie le maire de Sare (arrière grand père de Paul Dutournier) à Serorainea. C'est lui qui les aida et finança la réorganisation des palombières de Lizarieta et il devint l'associé des Arribillaga gérants des biens de Gaztelu (marquis de Andia) propriétaire de la plus grande partie des terrains occupés par cette chasse.

 

C'est ainsi que naquit cette société Franco-Espagnole qui gère une chasse où les filets se trouvent en Espagne et les rabatteurs en France

 

J.P. et J.L.L.