La danse à Sare

Danseurs après la guerre.

Documents fournis par Colette Ayetz

Le chant dans notre Patrimoine

Notre nouveau projet est issu d’une enquête sondage que nous avons effectué auprès des Saratar (jeunes, moins jeunes et retraités) et dont le thème était : le chant basque.

Il en ressort que la très grande majorité des personnes questionnées aiment et aimeraient chanter en chorale.

Certaines chantent déjà dans des groupes ou chorales.

Sare a une tradition de chant basque, encore aujourd’hui avec Saiberri, groupe musico vocal composée de 6 chanteurs et qui existe depuis vingt ans et le groupe Sarako Kantariak groupe d’animation dont les prestations lors des fêtes de Sare et surtout des ihauteri restent mémorables.

Déjà, dans le passé, Elizanburu, Eresoinka et même des Saratar moins connus se sont illustrés.

L’idée est de répondre à un besoin en créant une chorale, un chœur (ça reste à définir) avec comme fil conducteur Jean-Baptiste Elizanburu et son répertoire, tout en complétant avec les productions d’autres auteurs Saratar.

Une chorale mené par un chef de chœur dont les objectifs tourneraient autour de l’apprentissage du chant, de la maîtrise de la voix, de la compréhension des paroles, d'une pédagogie autour de l’auteur, de sa vie, de son époque, de son environnement, en symbiose avec le patrimoine de Sare.

Le projet a reçu un accueil très favorable au sein de l’association.

Il a été prévu un programme de mise en place du projet qui commencera par l’information faite aux deux groupes déjà existants, puis une communication par le biais de la presse (Sud Ouest, ttipi-ttapa, LSPB, Herria), de la radio (gure irratia), du site web de Sarako Ondarea et de documents distribués dans le village.

Ceci pour appeler à un premier rendez-vous le jeudi 25 août, avant les fêtes de Sare, afin d’expliquer le projet à toutes les personnes désireuses d’y participer.

Après les fêtes de Sare, la première répétition pourrait avoir lieu.

Toutes les personnes intéressées par le projet peuvent se manifester auprès des membres de l’association.

 

Note : Le samedi 11 juin une réunion a été organisée entre des membres de Sarako Ondarea et de Sarako Kantariak afin d’informer ces derniers du projet de création de cette chorale. Les membres du groupe Saiberri n’ayant pu être présents à cette réunion ont été informés dans les jours suivants.

 

Réunion du 20 août

Elle a réuni une vingtaine de personnes dans la salle Lur-Berri, en présence du futur chef de choeur, Mme Claude Lafitte. Après de nombreuses années de veille, l’espoir de la constitution d’un ensemble vocal mixte revient donc. L’association se propose de réunir les amoureux du chant et de veiller à ce patrimoine.

La dernière chorale Sare-Saint Pée

Chanteuses de Sare

Monique Brisson-Marguerite Elorga-Marie Louise Errandonea-Josette Iramuno-Anita Suhit-Léonie Zunda-Mayie Goyenetche-Joséphine Gachen-Jeanne Iturria-Juanita Goyetche-Jacqueline Brave-Marie Héléne Gorozureta-Jeannine Mariluz

Chanteurs de Sare

Iraçabal-Jean Bergara-Lucien Ayez-Jean Laborde-J. Baptiste Ayez-Jean Imats-Guy Thibault

 

Direction Pierre Camino

 

Les répétitions ont démarré avec le concours de Claude Lafitte, chef de choeur, et une vingtaine de chanteurs hommes et femmes. Elles se tiennent dans la salle au-dessus de la bibliothèque, le jeudi soir à 20h.

Les Chanteurs célèbres à Sare

Luis Mariano

Luis Mariano vécut à Sare d'abord avec le groupe Eresoinka puis quand sa carrière fut lancée, il revint vivre au quartier Egimear dans la maison Angoinea avant de s'installer définitivement à Arcangues

Luis Mariano à l'époque d'Eresoinka
Luis Mariano à l'époque d'Eresoinka

Ramon Laborda

 

Né à Tolosa en 1893, sa vocation sacerdotale ancrée très tôt en lui se réalisa tardivement en 1916. C’était un ténor extraordinaire, capable de monter jusqu'au ré aigu. Il grandit à Donostia, où il prit ses premiers cours de chant. Ses qualités vocales le conduisent alors à Séville lors de la Semaine Sainte. Dès lors il acquit une certaine réputation, notamment après avoir été remarqué et invité à chanter par Alphonse XIII à Madrid.

Au début des années vingt, une carrière de ténor d'opéra s'ouvrit à lui, notamment à la Scala de Milan, mais sa conscience le somma alors de faire le choix entre l'Art Lyrique et les Ordres.

Il fut un acteur important du renouveau de la culture basque des années trente, à l'image de José Ariztimuno « Aitzol » qu'il connaissait bien.

Plus tard, il participa à la création du groupe donostiarra Saski-Naski et en 1933. Dans le cadre de l'éducation par le chant et la danse, mis en place par le PNV, il créa l'association « Pospolina ». Dès l'année suivante, il organisa à Donostia le jour du « Pospolina » où il réussit à rassembler plus de 1000 enfants de tout le pays basque.

Quand le conflit éclata il fit partie de ces prêtres qui se positionnèrent contre le mouvement fasciste, puis en arrivant à St Jean de Luz via Zarautz, dès le 8 septembre 1936, il se mit à la disposition de ses compatriotes exilés. Il retrouva à l'Abbaye de Belloc José Ariztimunio « Aitzol » et d'autres prêtres nationalistes du Guipúzcoa.

Très engagé, il se déplaça à Dublin le 17 janvier 1937 au Théâtre de la Gaité, lors d'un rassemblement de la gauche irlandaise, en faveur de la république espagnole et pour dénoncer l'envoi d'un contingent de 600 hommes auprès de Franco, sous les ordres du Général O’ Duffy. Pour exhorter les catholiques irlandais à ne pas aider le fascisme à triompher en Espagne, il s'exprima ainsi « Quand j'ai lu récemment que les catholiques d'Irlande offraient des hommes et de l'argent au fasciste Franco, l'incarnation de l'impérialisme le plus brutal, je me suis exclamé avec indignation, c'est impossible. L'Irlande ne pouvait pas le faire à moins qu'elle n'ait été misérablement trompée ». Ramon Laborda fît un second voyage en Irlande à la fin du mois de février 1937.

Il a chanté avec l'Orfeon Donostiarra et le chœur nationaliste Euskal Abesbatza de Gabriel Olaizola. Sa réputation et ses qualités vocales en font un interprète incontournable pour l'aventure culturelle mise en place par le Gouvernement. Il rejoignit Sara dans le milieu de septembre et fut l'un des trois prêtres du groupe, avec le baryton Fernando Sesé et José Elordi.

A Sara, il logea chez la famille Fagoaga. Paul et Jean Fagoaga s'en souviennent parfaitement. Ils ont été marqués par le personnage. Paul Fagoaga me compta deux anecdotes sur cette forte personnalité, pour mieux camper le personnage « Quelques années plus tard, il passa le permis de conduire à Paris à l'époque ou tout était plus simple, et il l'obtint sans vraiment conduire car l'examinateur était un passionné d'opéra et seule la voix de l'abbé au volant, lui suffit à juger de sa conduite... »

« Evidemment il revint souvent nous voir, et à l'écoute d'un 78 tours, il ne résistait pas au plaisir de couvrir de sa voix puissante, celle de Mario Lanza parce qu'il considérait qu'il ne s'engageait pas suffisamment »

Plus tard, il chanta avec Oldarra. Philippe Oyhamburu m'en a parlé en ces termes : « Il est venu chanter dans ma chorale d'Oldarra en 1952. Il avait une voix splendide. Quel âge pouvait-il avoir alors ? Il était très sympa, très à l'aise parmi cette bande de jeunes gens et de jeunes filles. J'ai de beaux souvenirs de lui faisant un solo au local d'Oldarra, lors d'une répétition des Ballets du Marquis de Cuevas

A son retour d'exil, il passa ses dernières années à Pasaia, puis Errenteria où il mourut le 9 février 1965. Certainement le meilleur ténor d'Eresoinka avec Txomin Sagarzazu et José Ramon Otero.

Philippe Régnier

 

ERESOINKA

Voici la photo très officielle du groupe. Elle a été prise vers le 12 décembre 1937, sur la scène de la Salle Pleyel et fait partie de la dizaine de photos réalisées par le photographe Boris Lipnitzki.

Don de Philippe Régnier

Eresoinka, chorale créée à Sare pendant la guerre civile en Espagne

Eresoinka était un ensemble vocal et chorégraphique mixte, formé lors de la Guerre Civile espagnole, à l’initiative du gouvernement basque de Bilbao en 1937. Entre 1937 et 1939, cet ensemble composé de 101 Basques éxilés fera découvrir la culture musicale traditionnelle basque lors de tournées internationales qui les mèneront jusqu'à Paris, Bruxelles, Amsterdam et Londres. Le chœur, placé sous la direction du compositeur Gabriel Olaizola, comptera dans ses rangs Pepita Embil, future mère de Placido Domingo et Mariano Gonzalez Garcia, futur Luis Mariano. Bien plus qu’une chorale, Eresoinka est un symbole de Paix représentant à la fois un patrimoine culturel pour Euskadi et le village de Sare. Eresoinka est aussi la mémoire des évènements dramatiques qui ont eu lieu pendant la guerre.

Fort de son succès, dans les années 1937 à 1939, Eresoinka entame pendant cette période une tournée nationale et internationale dans les plus grandes villes telles que Paris; Bruxelles, Anvers, Bruges et Gand (Belgique); Amsterdam, La Haye, Rotterdam, Utrecht, Hilversum et Amersfoort (Pays-Bas); Haarlem (Etats-Unis) ou encore Londres (Royaume-Uni).

Quelques unes de leurs interprétations

Agate Deuna / Agur Jaunak / Aitak eta amak / Akerra Ikusi degu / Ama begira zazu / Amatxo

Aurtxoa seaskan / Bi Eusko abesti / Bigarren kalez kale / Gabon / Goiko mendian / Hiru Errege / Ikusten duzu goizean / Itxasoan / Jaiki Jaiki / Loa, loa / Maitasun Atsekabea / Ni ez naiz zomorua

 

Concert à la salle Pleyel, à Paris

La chorale célébre de Sare

En haut, de G à D: Elizondo Firmin, Eusebio (Jaurégui), Delpech Paul, Delpech Emile, Dutournier Paul, Arburua Norbert, Ayetz Mattin, Destouet Pierre, Pradère J.B., Pradère Charles, Ayetz J. Baptiste

En bas: Berrouet Xemartin, Sathicq Salbat, Olano Nicolas, Jorajuria Léopold, Delpech Bernard, Pantxo (Jorajuria), Saldiés Joseph, Sahastume Pierre, 

Assis par terre: Xomin Dithurbide

Firmin Elizondo


Nous cherchons toutes informations sur ce chanteur qui a évolué en particulier à la cathédrale Notre Dame de Paris

En haut de g à d: Caton, Piztia, Eusebio, Larronde Pierrot, Kaiku

En bas: Elizondo Firmin, Fagoaga Paul, Haran Ximun, Jauréguiberry, Fagoaga Jean

J.P.

Ganex Bergara

Avec sa femme et ses deux enfants

Un Txistu légendaire

Ganex Bergara, 87 ans, appelé Txistu, a offert le txistu d’ébène à 3 trous qu’il utilise depuis sa jeunesse. Résident à l’EHPAD de Sare avec sa femme, il l’a offert au Maire Battitte Laborde, en présence de ses deux enfants. « J’offre ce txistu que l’on ma offert à l’époque ». Il sera placé à la mairie dans l’emplacement qui convient à un objet de patrimoine. Son histoire débute avec un réfugié, en 1936, Alexandro Lizazo chantre à Renteria, qui l’avait fabriqué en bois d’ébène dans l’atelier de menuiserie de « Xomin ttiki » à Sare. Pantxo Jorajuria, président du club Sarako Izarra, le lui avait cédé. Retour de l’histoire, c’est un descendant, le danseur Vincent Garat qui a dansé l’Aurresku d’honneur devant la famille

Avant d'offrir son txistu, Ganex Bergara a joué un de ses morceaux favoris, en présence des membres de sa famille

Restaurateur et chanteur

Ganex aura exercé principalement le métier de restaurateur avec son épouse, dans son établissement « chez Txistu ». C’était au quartier « Cherche bruit » le refuge, à l’époque, de contrebandiers que le couple recevait la nuit. Au sujet de ce travail à « Cherche Bruit », Ganex né à Sare non loin de là, à Iriburua, a rappelé au maire malicieusement « qu’il avait alors les pieds à Saint Pée mais la tête à Sare ». Doté d’une très belle voix, il participa comme chanteur, avec 5 pelotaris, au premier film français en couleur « Le mariage de Ramuntxo ». Paul Fagoaga, un des participants, se souvient du départ en 1946 dans une 15 CV Citroën, pour un périple unique, logés à Aix « chez le roi René », puis à Nice dans les studios Victorine.

De la salle Pleyel à Jérusalem

 Ce txistu l’a accompagné de la salle Pleyel, au jardin des oliviers à Jérusalem ou en 1998 sur un paquebot de croisière où ses sons ont résonné dans le détroit des Dardanelles. Lors des inondations d’août 1983, toutes ses partitions ont été emportées par l’eau. « J’ai retrouvé le txistu miraculeusement logé dans un coin prés d’une statuette de la vierge » ! Plus tard Ganex fera office de chantre à l’église en tandem avec Jean Lemoine, de directeur de chorale aussi, de transmetteur de son savoir à Roger Elhorga.

Grâce à ses dons d’imitateur il pastichait les personnalités de Sare, de l’instituteur au curé bien sûr. A la fin de cette réunion, il a joué sur son txistu, simplement,  un de ses airs favoris.

 

J.P.