Document prêté par Beillevaire Patrick (Auziartzia)

Vers 1920, document Mattin Jorajuria-JL Larronde

Pendant près d’un siècle, Marie-Jeanne Jorajuria a côtoyé les célébrités dans son hôtel-restaurant

 

Marie-Jeanne Jorajuria et son fils Mattin

 

Marie-Jeanne Jorajuria porte gaiement ses 94 ans, en affrontant la vie qui ne la pas épargnée « Je suis une fille de bistrot » dit-elle. A la tête de l’hôtel de la poste, où elle est née et a travaillé, elle se souvient. Ses futurs beaux parents, s’exilèrent au Chili où naquirent deux enfants Pantxo et Léopold Jorajuria qui retournèrent en France. Marie-Jeanne Doyharçabal épousera Léopold, un personnage, secrétaire de mairie décédé en 1970. L’activité de l’hôtel a été ralentie mais l’établissement possède le charme des lieux anciens, renferme des richesses dues à la fréquentation de personnalités. Georges Masson, Périco Ribéra, Ramiro Arrué et d’autres sont passés là. Elle raconte auprès de son fils Mattin qui aiguillonne sa mémoire.

Les réfugiés- La salle à manger comporte un travail mural sur bois qui représente un txistulari sur fond de clocher « Il a été conçu vers 1936 par un réfugié, Michelena Maximo, qui a réalisé la peinture de l’épitaphe au-dessus du cadran horaire du clocher. Péniblement, accrochée à la rambarde de l’escalier bien raide, elle nous conduit à l’étage où se trouve une autre salle à manger figée. Sur les murs voilà des tableaux de Louis Floutier : La fontaine sur la place, une vue sur la mairie et une maison d’Urrugne « Floutier était un personnage rieur et exubérant. Avec sa femme, qui l’appelait Coco, belle et très adroite, ils faisaient des fréquents séjours à l’hôtel et payaient leurs dettes avec sa peinture. De Ramiro Arrué, elle a le souvenir d’un personnage petit de taille, frêle et renfrogné « Arrué peignait la tristesse qu’il portait sur lui ». Sur la dernière guerre ses récits sont croustillants. Luis Mariano, qui habitera plus tard à Angoinea, était arrivé au village avec la célèbre chorale des réfugiés basques « Eresoinka ». « Il venait là avec sa sœur Maria Luisa et son père, rouge un peu buveur, qui se promenait avec son ouistiti dans la poche du veston ». Plus tard il donnera un concert sur le fronton accompagné au piano par un autre prêtre réfugié célèbre au village, Don Bernardo

L’occupation- Elle se souvient du cruel feld-gendarme « Lipsky » et de ses beuveries « Titubant il se précipitât un jour vers le hangar, mu par un besoin pressant. Paniqué un contrebandier qui « travaillait » par là se jeta sur un tas de charbon dans le noir. Sans broncher il dût recevoir l’hommage humide de Lipsky ». Mais dit-elle il y avait aussi des occupants compréhensifs comme l’Autrichien Félix Loefller° qui faisait avertir les personnes visées par les représailles. Elle narre aussi de célèbres charivaris « un Américain, surnommé buzoka, revenu au pays après avoir fait fortune, jeta son dévolu sur une jeune fille splendide. Ca n’avait pas plu et un villageois lui dédia des « bertsu » satyriques qui accompagnèrent ce charivari». Elle les chante encore comme à l’époque « Buzoka etorri da etc.». Après la guerre, la revue « nous deux » consacrera plusieurs numéros au mariage de Ramuntcho tourné à Sare. Elle détaille les photos, cite les personnages, sans hésitation et avec beaucoup d’humour. Plus récemment elle entend encore, lors des fêtes locales, le grincement des mandolines tenues par les frères Poulou et leur ami Paul Dutournier

 

Félix Loeffler était un sous-officier autrichien, secrétaire de la Feidgendarmerie de Saint-Jean-de-Luz qui se trouvait à la pension Lilia, allée des Fleurs derrière le fronton municipal. Il a aidé de nombreux Français qui l'ont soutenu plus tard lorsqu'il s'est livré à la police.

 

Un après-midi Félix à bicyclette, en tenue civile et en short se rend discrètement par la cour arrière à l'Hôtel de la Poste. Averti par Marie Jeanne JORAJURIA, Léopold arrive immédiatement de la Mairie et s'entend dire: « Vite, prévenez Juanito ARIZTIA (alors séminariste, Lehetchipia) car la Gestapo dans 1h30 maximum arrivera, suite à une dénonciation, il sera arrêté ». Sur le champ, Matiu Sallaberrieta employé communal est dépêché sur Lehetchipia. Juanito ARIZTIA présent au domicile de sa maman prend immédiatement le large, cap plein sud. Une heure après la gestapo arrivait, mais en vain, sur les lieux.

Il a prévenu plusieurs personnes de leurs prochaines arrestations et sauvé la vie de beaucoup de Français de la région

 

Felix Loeffler

Kattalin Aguirre

1897-1992

Elle aurait secouru plus de 1000 personnes

« Au Pays Basque, les personnes illustres ou remarquables dont on parle ce sont des hommes ». A partir de ce constat, Jacques Ospital brosse, dans son ouvrage (1), le portrait de 18 femmes qui ont lutté de Bayonne à Bilbo, dans nos 7 provinces. Elles se prénomment Marga, Maria ou Kattalin depuis Toda la reine de Pampelune à l’indépendantiste Polixene. Artistes, écrivains, politiques, révolutionnaires, avocates, féministes. Parmi elles, Kattalin la Saratar n’a pas choisi d’être célèbre, les circonstances de la vie l’ont conduite vers un destin hors normes.

Agent de liaison - Née Lamothe à Sare le 30 août 1897 dans la maison Teilaria, elle est fille de Martin et de Joséphine Légasse. C’était le temps d’Amirin l’instituteur et du maire Leremboure. Elle se marie en 1927 avec Pierre Aguirre de Ciboure. Le décès prématuré de sa mère la ramène au foyer. Veuve à 45 ans, avec une petite Fifine de 14 ans, elle se distingue lors de l’arrivée de réfugiés basques en 1936. Son tempérament rusé la rendra incontournable lors de l’occupation allemande de 1939-1945. Présente dans les réseaux « Nana », « Margot » puis « Comète », elle devient hébergeuse et agent de liaison, entre la zone libre et la zone occupée, pour des aviateurs Anglos Saxons. Elle y est aidée par sa fille et sa coéquipière Gracie Ladouce, employée à la mairie de Ciboure. Elle aurait secouru plus de 1000 personnes respectant l’appel du Général de Gaulle « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas »

Hommages - Elle a reçu après guerre, la Légion d'Honneur, la Médaille Militaire, la Croix de Guerre avec étoile de vermeil, la Médaille de la Résistance et les plus hautes distinctions belges et britanniques. Décédée le 22 juillet 1992, elle est inhumée à Socoa, prés de son coéquipier et ami Florentino Goicoechea, en laissant son message final : « J’ai fait ce que j’avais à faire ». Récemment, Les membres de l'association « Les Amis du Réseau Comète » se sont rendus sur leurs tombes.

(1) « Figures de femmes - Le silence de l’Histoire du Pays Basque », Jacques Ospital, Elkar, 2011 et aussi « 1936-1945, Témoignages d’une époque », Guy Lalanne et Jacques Ospital, Jakintza, 2009

Jean Pouyet

 

Remise de la légion d'Honneur à Paul Fagoaga par Paul Barril

Paul Fagoaga, le R.P. Fily, Kattalin et sa fille, Paul Dutournier, Michel Larria, devant le monument de Victor Iturria (de G à D)

Charlot Patxola (derrière Paul Fagoaga)

Photo fournie en 2011 par Marianne Fagoaga épouse de Paul

PAUL DELPECH 1911-2009

DITES-NOUS: « Monsieur Paul DELPECH »

 ATCHIKI a rencontré pour notre numéro spécial du congrès 2009 de notre association Monsieur Paul DELPECH. Nous l'en remercions bien vivement Il a bien voulu nous accorder cette entrevue, pour nous raconter son extraordinaire histoire, vécue pendant la période de la guerre 1939-1945. Pour que l'on sache, encore et toujours. Pour que la mémoire ne soit jamais effacée. Pour nous, certes, mais aussi pour notre jeunesse et qu'elle puisse transmettre aux générations futures.

 ATCHIKI : Monsieur DELPECH, pour nos amis lecteurs, voulez-vous vous présenter

Paul: Je suis né à SARE le 3 juillet 1911; je suis donc dans ma 98ième année. J'en ai vu de toutes les couleurs et surtout lors de ma prime enfance. Je me rends compte qu'il y a des périodes de la vie qui méritent d'être relatées. Et d'autres doivent être oubliées

ATCHIKI /Monsieur DELPECH ....

Paul. : Permettez, pas de monsieur; je m'appelle PAUL

ATCH : Paul, vous avez des faits marquants n'est-ce pas?

Paul.: Certes; deux choses ont marqué ma jeunesse. La mobilisation de 1914. J'avais trois ans. Cela m'a marqué; je n'y comprenais rien. Je voyais partout des gens qui courraient, ici et là. Les cloches qui sonnaient à toutes volées. Des gens qui étaient à moitié fous. C'était la panique. Et puis, c'est un trou dans ma mémoire

11 NOVEMBRE 1918, JOURNEE MAGNIFIQUE

Par contre, ce jour du 11 novembre 1918. C'était une journée magnifique; un temps idéal. Avec ma mère, nous avons rencontré notre vieil instituteur. Car, par ce temps de guerre, on avait « raclé les fonds de tiroirs"; les vieux enseignants avaient été réquisitionnés, puisque les hommes étaient partis au front. Donc, notre instituteur vient vers nous et les bras en croix: C'est la victoire, il pleurait et il embrasse ma mère. C'était un flot de gens innombrables, qui arrivaient des villages alentour. Parfois ayant parcouru, dix ou vingt kilomètres, musique en tête, pour fêter la victoire. Cela m'avait frappé d'une façon terrible

 ATCH: Le temps ayant passé et devenant adulte, avez-vous pensé qu'un jour vous seriez amené à faire la guerre?

Paul: A partir de 21 ou 22 ans, dans mon subconscient, je pensais que la situation allait s'ébrécher; et que nous allions au « casse-pipe ».

ATCH : Qu'est-ce qui vous faisait penser à ce genre de situation?

Paul: je vais vous dire. D'abord, nous étions trop heureux. Et que cela ne pouvait pas durer. 1939, C'EST LA GUERRE!

ATCH : C'est la déclaration de guerre, quelle est votre situation?

Paul: J'étais fiancé et quelques mois avant de partir mobilisé, je me suis marié. En Mai 1939 la France a été mise à genoux, par une organisation militaire allemande très puissante. Tout en considérant, qu'ils s'étaient réarmés à la barbe des alliés. Et comme ceux-ci, diplomatiquement, ménageaient leur susceptibilité, ils ont déclenché cette guerre éclair. Et d'ailleurs, notre ligne MAGINOT a été complètement contournée par eux.

ATCH : Paul à quelle date avez-vous été mobilisé?

Paul: le 29 Août 1939, à TARBES dans l'artillerie. Et tout doucement nous sommes arrivés en vue de la frontière allemande à KIRCH

Maurice: c'est là que tu as été fait prisonnier?

Paul: nous nous trouvions dans les Ardennes; les Allemands nous avaient contourné. Nous étions 6 ou 7000. Nous n'avions plus de munitions. Nous étions pris dans une nasse, sans aucun appui d'aucune sorte; ni terrestre, ni aérien ....Enfin nuls. Les Stukas nous harcelaient en bombardant et mitraillant. Et des dizaines de combattants étaient abattus sans pouvoir se défendre. Et c'est ainsi que nous avons été faits prisonniers par des troupes allemandes fraîches ; de jeunes nazis. Ils ont été très durs avec nous. Je vous dirai, que je n'ai pas de haine contre les Allemands, mais contre ce parti national-socialiste.

ATCH: vous êtes donc fait prisonnier

Paul: Oui à GERMONVILLE, en Lorraine et ensuite nous sommes restés environ quarante jours en camp à NANCY, où nous étions environ 80.000. C'était affreux. D'ailleurs, beaucoup sont morts des suites des conditions de détention.

ATCH: C'est un périple éprouvant que vous entamiez?

Paul: Très éprouvant, avec des SS qui nous bousculaient constamment. Repoussant sans ménagement les gens, qui en passant nous donnaient de l'eau ou à manger. C'était extrêmement éprouvant. Nous étions traités comme des bêtes; terriblement assoiffés au point qu'un des nôtres s'est précipité vers un abreuvoir pour plonger sa tête dans l'eau. "PAN" Un SS l'a abattu sur place. C'était affreux. Pendant près de six mois, nous avons été les jouets de ces « SS ".

ATCH des camps, où vous envoyait-on travailler ?

Paul: J'avais été désigné pour travailler dans une ferme. Et dans l'ensemble, ma foi c'était plutôt sympathique. Il y avait une dame seule avec un enfant. Je travaillais au champ. Et un jour, je suis abordé par un Allemand qui m'interpelle: «...c'est toi le prisonnier de la maison? » Surpris, je lui réponds sèchement: ....qu'est-ce que ça peut te f ! » Il voulait savoir si j'étais bien traité. « Tu sais me dit-il, et il lève une main, où il ne restait que le pouce; j'ai fait la guerre de 14/18 et je suis resté prisonnier 3 ans à COMPIEGNE; aussi ai-je dit à ma femme; si tu as un prisonnier tu le traiteras aussi bien que je l'ai été »

ATCH: Cet allemand était-ce l'homme de la ferme? Paul: Oui, il travaillait en usine et rejoignait sa famille ce jour-là. La vie de prisonnier de PAUL va continuer ainsi, de mutation en mutation, avec celle qui l'amènera dans une très grand ferme à KAISERLAUTHERN; une propriété de 550 hectares. Et là, il rencontre des copains Basques; ils travaillaient beaucoup. Mais, Ils sont bien nourris. Enfin, tout étant relatif il y trouvent un mieux et physiquement ils se sentaient plus costauds.

S'EVADER

ATCH : Quand avez-vous eut l'idée de fuir, de vous évader?

Paul: Cette idée parcourait mon esprit depuis longtemps. Mais j'étais trop faible pour entreprendre quoi que ce soit. Car c'est un périple de 250 kilomètres environ, jusqu'à la frontière. Aussi, il me fallait reprendre des forces et mes camarades également.

ATCH: Cela demande une préparation

Paul: D'abord, il faut préciser que nous étions cinq basques; unis comme les doigts de la main et que nous échangions en basque bien sûr.

ATCH : Pour mener cette entreprise, il fallait une tête pensante? ...c'était qui? Paul ne nous répond pas de suite et tout en le regardant, dans les yeux je lui dis: « C'était vous ? » Et en hochant la tête, simplement il me dit «OUI »

250 Kms en 6 nuits

Le périple jusqu'à la frontière durera pendant six nuits. Se cachant le jour. Leur réserve de vivres était constituée sur les prélèvements qu'ils effectuaient sur les colis qu'ils recevaient En trompant la vigilance de leurs gardiens, en remettant les boîtes vides exigées, remplacées par d'autres utilisées par ailleurs. Six jours et six nuits de fatigue, de crainte, mais aussi de volonté, de courage et d'espoir. En comptant aussi sur la bonne étoile.

ATCH. Vous vous déplaciez de nuit; mais comment se diriger?

Paul: J'avais le sens de l'orientation. Et donc la nuit, c'était l'étoile Polaire qui nous servait de repère. Et puis nous avons fabriqué une boussole avec un morceau de lame de rasoir. Et nous avions marqué le bout aimanté, avec un peu de dentifrice, pour mieux le distinguer. Et c'est ainsi que nous sommes arrivés en vue de SARREBRUCK; et avec notre système nous ne nous sommes trompés que de 5 kilomètres environ.

ATCH: Quelle volonté?

Paul: Ah oui! Formidable, formidable. Et puis, cette équipe de 5 copains. Nous étions soudés. Mais là, il fallait traverser la rivière frontalière. Et notre bonne étoile nous accompagnait toujours.

ATCH: Après la traversée, vous étiez. en France mais en zone occupée

Paul: Ah! Ah! Oui, oui .....

Ainsi, Paul et ses camarades iront jusqu'en zone libre à MAULEON. Aidés par des réseaux; de passeur en passeur; à pied, en barque, en autobus. On leur donnait des vivres, de l'argent C'était de la part de ces anonymes, leur façon de résister à l'occupant.

ANECDOTE: En descendant d'un bus lors d'une étape, une dame âgée, leur a remis un paquet de vivres et 300 francs; pour l'époque c'était une somme importante.

MAULEON LA SOULE, LE PAYS, LA FAMILLE

Paul: Je suis resté, environ 2 ans à MAULEON; il y avait un centre du SECOURS NATIONAL, et j'y ai travaillé comme secrétaire. Ayant certaines possibilités à ce poste, je ne manquais pas d'aider à l'occasion des familles lorraines qui avaient fait beaucoup pour nous.

ATCH : Etre à MAULEON, si près de SARE, vous deviez avoir un pincement au cœur?

Paul: Oui, c'est sûr. Mais je m'échappais et y allais quelquefois, en me cachant bien sûr.

ATCH : Votre bonne étoile votre bonne étoile

Paul: Oh! oui, sûrement. Nous étions sous une bonne étoile; vraiment.

ATCH : Pour faire ce que vous avez fait, c'est de la volonté, mais aussi de la foi?

Paul: C'est sûr; je suis croyant. D'ailleurs, nous nous étions promis, qu'à notre retour nous irions en pèlerinage. C'est ce que nous avons fait Nous sommes allés prier à LOURDES.

 

Merci PAUL; merci de nous avoir permis de fouiller dans votre passé. Le passé de cette terrible période; mais aussi de cette formidable aventure. Des hommes animés d'une volonté tenace de rejoindre le pays et les leurs, en affrontant l'adversité durant cette guerre de 1939 -1945. Paul, vous êtes un merveilleux conteur. Maurice et moi nous ne nous lassions pas de vous écouter, en « voyant » se dérouler devant nous le film de votre épopée.

 

Alain Martinez

 

P.S.: Je tiens à remercier tout particulièrement notre camarade et ami Maurice DELPECH, instigateur de cette entrevue et qui m'a accompagné dans cette démarche.

Paul montre la petite boussole qu'il avait fabriqué

VICTOR ITURRIA 1917-1944

Un héros Basque pour une France libre

Il venait au monde lorsque débutait la 1er guerre mondiale. Il est mort en héros avant la fin de la seconde. Mobilisé pour la campagne de France, caporal tireur anti-chars, il est à 23 ans déjà cité par ses chefs. Après de graves blessures lors de la retraite de Dunkerque, sitôt rétabli, le voilà sur les champs de bataille du Moyen-Orient, dans le corps des parachutistes de la France Libre. Le « French Squadron », dont il fait partie, mène des attaques terribles sur les aérodromes occupés par les Allemands, comme celui de Benghazi. A 26 ans, il est titulaire de deux citations à l’ordre de l’Armée et reçoit la Médaille Militaire. De retour en Angleterre, il est adjudant instructeur. Parachuté en Bretagne, il prend part à l’attaque de Lorient puis de Quiberon, le 15 août 1944, en faisant une centaine de prisonniers.

Un héros - C’est en Loire-Atlantique, à Blain, qu’il est fauché, à l’âge de 27 ans, par une rafale de mitrailleuse, le 25 août 1944. Il est, à titre posthume, l’un des 1038 compagnons de la Libération, titulaire de la croix de Guerre 39/45, de la médaille de la Résistance avec rosette, de la « Military Cross » (haute distinction Britannique). En 1955, lors d’une cérémonie imposante sur le fronton, sa famille recevait pour lui la Croix de Guerre avec Citations et la Légion d’Honneur à titre posthume.

Décorations- Il est titulaire des décorations suivantes : Légion d’Honneur, Compagnon de la libération, Médaille Militaire, Croix de Guerre 39-45 avec Palme, Médaille de la résistance avec Rosette, Médaille outre-mer avec agrafe Libye, Médaille des Blessés, Médaille Commémorative 39-45, Military Cross (G.B).

Une stèle a été réalisée en son honneur, par le sculpteur Real del Sarte, et inaugurée en 1947. Le 18 juin 1988 les anciens S.A.S et les anciens des Forces Françaises Libres se sont souvenus de lui et ont fait sceller une plaque commémorative, à la base du monument. Une autre stèle à sa mémoire se trouve à Blain. Celle de Sare, gravée dans la pierre, représente deux silhouettes superposées en relief, dans la même gestuelle du lanceur de grenade et de pelote. Elle est fixée à l’entrée de ce vieux fronton qu’il aimait tant

Jean Pouyet

Victor Iturria

Photo fournie par Guy de Lasteyrie

PAUL FAGOAGA

Né à Argainborda le 20 juin 1920, de Joseph et de Marie Saldies. Il est décédé à Cambo 

Paul avec la tenue de prisonnier qu'il avait à Buchenwald, matricule N° 43619

Paul à la libération de son camp, en haut, le dernier à droite

LE COMTE FERDINAND ALFRED DE STOLBERG 1800-1834

Ce jeune seigneur était fils du célèbre Frédéric Léopold de Stolberg. Son père avait été gentilhomme de la chambre du roi de Danemark, ministre de Lubeek à Copenhague, grand-maître de la cour du duc de Holstein-Eutin et ambassadeur de Danemark en Prusse en 1789. A cette époque l'Espagne, divisée entre les Christinos et les Carlistes, était déchirée par une guerre civile des plus cruelles. Alfred se trouvait depuis le mois d'avril 1834 auprès de sa mère. Là il prit le parti d'aller soutenir la cause de Don Carlos qui, dans sa conviction, était la cause de Dieu et de la justice. Le 2 août, il quittait la Saxe pour se rendre en Espagne.

Combattant Carliste- Plus d'une fois il fut témoin de la bravoure et de la constance de ces bataillons Basques et Navarrais, qui savaient marcher au feu avec le courage des lions, et supporter, après la bataille, la faim, la soif, la fatigue et tous les genres de misères. Dangereusement malade le jeune comte de Stolberg fut abandonné dans la taverne d'un village de la frontière espagnole. Quand il se vit ainsi seul, délaissé de tous, il pensa à se faire transporter sur le sol français. Le 28 Octobre 1834, sept ou huit Basques, jeunes et vigoureux, traversaient les Pyrénées, s'avançant péniblement dans les sentiers des montagnes. Ils étaient chargés d'un brancard et marchaient avec précaution, car sur le brancard était étendu un malade qui paraissait souffrir.

Enseveli à Sare- Ces jeunes gens se dirigeaient vers le village de Sare. Enfin, ils furent assez heureux pour atteindre le bourg de Sare sans aucun accident. Le bruit de ce qui se passait ne tarda pas à parvenir aux oreilles d'un jeune ecclésiastique vicaire à Sare. Il accourt aussitôt, s'informe de tout et va heurter à la porte d'une maison de chétive apparence. A la voix du prêtre, Marie Baptiste Dargaitz s'empresse d'offrir non seulement un appartement, mais encore sa personne et tous les services qui dépendront d'elle. Ce jeune ecclésiastique alla chercher le docteur Dornalèche. Le curé de la paroisse, à son tour, se fit un devoir d'aller le voir et de lui apporter des paroles d'encouragement et de consolation. Ni la science du médecin, ni les encouragements des deux ecclésiastiques, ni le tendre dévouement de Marie Baptiste Dargaitz, ne pouvaient rien contre les ravages que le mal avait déjà faits en lui. Le 4 novembre suivant, c'était le jour de la naissance de sa mère, que la comtesse Sophie de Stolberg, il avait le désir de lui écrire de nouveau. Il ne vécut que fort peu de temps après avoir rempli ce dernier devoir de sa vie. Il expira doucement, le 9 novembre, à huit heures du soir. Il était âgé de 34 ans. Telles furent les circonstances qui amenèrent le comte Alfred de Stolberg au village de Sare. A l'endroit où l'infortuné comte de Stolberg avait été enseveli, proche de l'entrée du porche de l'église, on a gravé l'inscription suivante

ICI REPOSE

LA DEPOUILLE MORTELLE DE FERDINAND ALFRED,

COMTE DE STOLBERG - STOLBERG,

NE A EUTIN DANS LE HOLSTEIN, LE I2 AOUT 1800.

Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi,

Quand il sera mort, vivra. (ST-JEAN, XI, 25, R. J. P.)

CONCESSION A PERPÉTUITÉ.

 

J.P.

Pierre tombale du Comte