Le bertsularisme est devenu un art à la mode, enseigné dans les écoles, objet de grandes compétitions suivies par des milliers de passionnés. Sare a été le lieu des premières grandes joutes organisées par l’extraordinaire Antoine d’Abbadie d’Arrast. Elizanburu (ikusten duzu goizean), le plazatar, fut l’un des vainqueurs dans les parties chantées. Mais dans les campagnes de Sare, dans ces petits bars aujourd’hui disparus ou transformés, les jeunes du village rivalisaient alors d’ingéniosité pour faire rire, régler des comptes ou déclarer leur flamme. Elissamburu (Elizanburu) Jean Baptiste et Léon, Hiribarren, Dithurbide, Duhaldébére, Etcheto, Amezket, Añibar, Muske, Xara (ces 3 derniers de Sare ou de Saint-Pée?), Cubilibia, Dargaitz Mixel (après 1930) et d’autres ont laissé des vers chantés dans la mémoire des Saratars. A nous de raviver les souvenirs chez nos anciens afin de sauvegarder cet outil d’information qu’est le bertsu.

Bertsulari Saratar. Ils ont participé aux concours littéraires entre 1853 et 1900

 

1-Elissamburu (Elizanburu) Jean Baptiste et Léon

1855. Urrugne. 1er prix, Elizanburu pour Emazte edalea, la femme qui boit

1858. Urrugne. 1er prix, Elizanburu pour Tam, tam, tam, rapetaplam

1862. Urrugne. 1er prix, Elizanburu pour Apetxa eta lorea, le papillon et la fleur

1866. Urrugne. 1er prix, Elizanburu pour Maria

1879. San Sebastián. Mention spéciale à Elizanburu pour Lehen eta orai, avant et maintenant

 

Elissamburu (Elizanburu) Léon (le frère du précédent)

 

1887. Bertsuak nahi ditut orai athera / Ichilik banindago banuke pena / Bainan neke da /Krenolinaz baizikan solasik ez da / Hauche da besta! / Satanek etzezaken / bertzerik pentsa.

 

2-Hiribarren-1856. Parallèlement aux concours de chants institués par Antoine d’Abbadie à Urrugne, celui-ci introduisit des concours d’improvisations. Le courrier de Bayonne rapporte le 1er événement de ce type lors du passage en 1856 de Louis Lucien Bonaparte « La fête avait commencé par la poésie écrite et chantée et se termina par l’improvisation chantée. Les Basques d’Espagne et de France ont concourus. La victoire fut indécise entre Hiribarren de Sare et Zigarroa d’Hendaye. Le prix leur fut attribué ex-æquo »

 

3-Dithurbide de Sare remporte le 1er prix en 1865 et 1866

4-Ibarrat et Jean Echeto de Sare remportent le 1er prix en 1871, Etcheto remporte le 1er prix en 1872

5-Amezket. 1852. José Mendiague rapporte sur d’autres bertsularis comme Amezket de Sare totalement inconnu qui avec Ttipi d’Urrugne dédièrent une chanson à Napoléon III

 

Amezket Saran eta Urruñatik Ttipi / Guzier mintzo ziren errespetuz béti / Ofentsarik ein gabe sekulan nehori / Ez ziren fantesiaz, kantu emaiten ari / Etsenplu ona frango eman dute orori / Ez dakigunek nahi badugu ikasi.

 

6-A cette époque « le pape » du bertsuralisme, Oxalde, présent à Sare avec cinq autres improvisateurs, propose à ses amis après le repas de composer des vers où apparaissent les noms des improvisateurs.

Saran egun badugu bertsulari hanitz / Katxo uztariztarra Bestoitz-ko Felitz / Bettiri jatsuarra, hortik dago irriz / Xetre hazparnekoa partida nik aldiz /Anibar arin hiz / Zuraidarrak berriz / Muske erakuts erhiz / Xara mintzo lodiz/ Oxalde kantugile, zahar ez balitz.

 

Six noms sont inconnus mais on pense qu’Añibar, Muske, Xara sont de Sare ou de Saint Pée. Peut-être y a-t-il parmi eux Léon et J.B. Elissamburu ?

 

7-Duhaldébére (un pêcheur) de Sare gagne à Saint Jean de Luz en 1894.

8-Dargaitz Mixel (dit Arantzipi). En 1935, Euskaltzaleak créa la 1ère journée du Bertsolari à San Sebastián. Lors de la deuxième édition en 1936 on note le classement suivant : 1. Txirrita, 2. Uztapide, 3. Zepai, 4. Dargaitz, 5. Iriarte. Le dernier bertsulai de Sare est décédé en 1965

 

9-Mendiondo ou Ganex Cubilibia, père d’Ursula, grand père de Louisa de Mendiondoa, est mort vers 1950. Il a participé à lurraren besta à Saint Jean pied de port

Jean Pouyet

Dargaitz, bertsulari Saratar du debut du XXeme siecle
Dargaitz, bertsulari Saratar du debut du XXeme siecle
1960, le bertsulari Mattin d'Ahetze au trinquet de sare
1960, le bertsulari Mattin d'Ahetze au trinquet de sare
1960, le bertsulari Xalbador d'Urepel au trinquet de Sare, derrière Enbeita, Mitxelena et Mattin
1960, le bertsulari Xalbador d'Urepel au trinquet de Sare, derrière Enbeita, Mitxelena et Mattin
Les bertsulari saratar Larralde et Hiriart sur la place durant les fêtes du village (1937-1939)
Les bertsulari saratar Larralde et Hiriart sur la place durant les fêtes du village (1937-1939)
Antoine d'Abbadie d'Arrast
Antoine d'Abbadie d'Arrast

Les Jeux floraux d'Antoine d'Abbadie

Antoine d'Abbadie (1810-1897), fils d'un exilé durant la Révolution française et d'une riche irlandaise, s'installa à Urrugne, Labourd, après les voyages d'exploration qu'il réalisa avec son frère Arnaud. Il fut un mécène de la pelote basque dans les années 1851 et 1852. En 1853, il continua à soutenir la pelote basque et, par ailleurs, il organisa pour la première fois un concours de poésie, avec la collaboration de personnalités du Pays Basque continental, qui constituèrent le jury du concours. C'est ainsi que naquirent les Jeux Floraux basques. Tous les Basques, qu'ils provinssent d'un côté ou de l'autre de la frontière, pouvaient y participer, et le prix qui fut choisi pour le premier concours fut d'une once d'or et d'un makila.

Les plaintes et les pénuries des Basques qui émigraient à Montevideo constituèrent le thème choisi pour le concours poétique de 1853. Il s'agissait, sans aucun doute, d'un thème et d'une problématique de grande actualité à l'époque, puisque, depuis les années 1830, l'émigration en Uruguay constitua une réalité inévitable pour nombre de Basques continentaux, ainsi que pour les Béarnais. Les thèmes proposés par le jury pour les concours suivants furent "L'éloge de l'agriculture et de la vie paysanne" (1854), "La femme buveuse" (1855) et "La fête du saint patron des peuples" (1852). Voyons en quoi les thèmes abordés reflétaient les inquiétudes et la réalité de l'époque.

L'importance de la ferme comme centre de la vie économique et sociale se traduisait dans les concours par l'éloge que l'on faisait à la vie paysanne. Cet éloge avait également pour but de tenter d'empêcher les jeunes à abandonner le pays et à fuir à la ville ou à l'étranger. A l'inverse, le thème de la femme buveuse paraît beaucoup plus étonnant. Naturellement, il favorisa la tendance satyrique des improvisateurs ou bertsolaris, et le jury l'avait probablement choisi pour son aspect incongru. Quant au thème proposé en 1856, celui des fêtes de villages, le fait de faire l'éloge des fêtes supposait de mettre en évidence les vertus des Basques à travers les danses typiques, les chants traditionnels, la pelote, la célébration du saint patron du village--le dimanche--et la fête profane--les jours suivants. C'est une image bien définie du Pays Basque qui se profila lors de ces fêtes, l'image d'un peuple profondément chrétien, très attaché à la religion catholique, vivant à la ferme, composé de familles nombreuses; un peuple, sans aucun doute, travailleur, et un pays, une terre, idylliques. Ce fut précisément l'image qu'un poète de cette époque, Jean-Baptiste Elissamburu (1828-1891), originaire de Sare, Labourd, exprima dans son œuvre. Il signait ses travaux d'un pseudonyme, de par sa condition de militaire. Ses thèmes romantiques, tels que le jeune sur son lit de mort (cf. Camoussarry) ou le dialogue amoureux entre le papillon et la fleur, lui valurent plusieurs prix lors de ces concours. Certains de ses poèmes chansons ont été réduits et sont toujours chantés aujourd'hui. Parmi tant d'autres, citons Nere etxea (Ma maison), claire évocation de la propriété basque érigée sur une colline, à la façade blanche, entourée de quatre chênes, près d’une fontaine, véritable havre de paix et de bonheur. Ses habitants forment une famille paysanne composée d'un couple et de deux enfants, habitant un pays idyllique et symbole d'une famille unie. Le fils aura les mêmes qualités que son père: il sera travailleur; la fille, elle, héritera des qualités de sa mère: elle sera une bonne femme au foyer. Ce modèle de la femme basque apparaît également dans un autre de ses poèmes: Maria. Cette femme ressemble à une poupée par sa grâce et son aisance, elle est reine à la maison et contribue aux revenus du foyer en vendant ses produits; le dimanche, elle assiste à la messe, parée de ses plus belles robes. A la fin du poème, le poète n'hésite pas à s'exclamer: "Errege balin banintz, zer erregina!" (Si j'étais roi, quelle reine elle ferait!). En 1871, Elissamburu est fait prisonnier de guerre, et il exprime dans le poème Xori berriketaria sa nostalgie de la terre natale, une terre où l'on respecte les vieilles coutumes et leur ordre éthique.

Durant plus de vingt ans, les Jeux Floraux eurent lieu d'abord à Urrugne, puis à Sare, puis à Saint-Palais (Basse Navarre), une seule fois, en 1877. Parmi les poètes qui firent alors sensation, en plus de Jean-Baptiste Elissamburu, citons le Docteur Larralde, médecin à Saint-Jean-de-Luz, descendant d'une famille de bertsolaris. Son oncle fut l'auteur du célèbre Galerianoaren kantua (Le chant du galérien). Larralde gagna le prix en 1856 et il lui fut remis par le prince Louis Lucien Bonaparte, qui était présent, répondant à l'invitation de d'Abbadie. Il gagna de même en 1859 avec Lo, lo ene maitea (Dort mon amour), et en 1864 avec Mutil zaharra (Le vieux garçon).

Jean Haritschelhar

 

ELISSAMBURU (ELIZANBURU) JEAN BAPTISTE

Linteau sur la facade le la mairie de Sare
Linteau sur la facade le la mairie de Sare

 

Date de naissance : 14/08/1828, Piarressenea, Istillarte, SARE

Le Maire était Martin Dithurbide

Date de décès : 31/12/1891, Lekuederea, La Place, SARE

Profession : Capitaine dans l'armée française, juge de paix pour le canton d'Espelette, chevalier de la Légion Honneur

Il est le dixième enfant d'une famille qui en compte onze. Ses parents étaient Michel et Jeanne Irazabal. Il fait ses études au séminaire de Larressore. Le futur poète Gratien Adema (dit Zalduby) sera son camarade de classe et son ami tout au long de sa vie. Ne sentant pas une vocation particulière pour le clergé, il quitte le séminaire en 1849 pour entrer dans l'armée française, où il acquiert le grade de capitaine. Il obtient son 1er prix à Urrugne avec « Emazte edalea » en 1855, puis à Sare en 1858 avec sa poésie « Tam, tam, tam, tam, ratapetamplan » et en 1860 avec « gazte hiltzera dohana ». A 33 ans il compose le fameux « nere etchea » qui le fait connaître dans les 7 provinces. Puis suivent: « apexa eta lorea », « Solférineko itsua » et « Maria ». Il signe parfois avec les pseudonymes « Harluche », « Sallaberry », «  Doyarzabal » ou « Saratar bat ». Il épouse Françoise Eyheraburu d'Urrugne en 1870. Ils auront un seul enfant, Léon Joseph, qui naît en 1877. Ses bertsus furent récompensés à plusieurs reprises aux Jeux Floraux. En 1881 il quitte définitivement l'armée et se retire dans son village. Il fut juge de paix dans le canton d'Espelette de 1882 jusqu'en 1891, et il mourut à l'âge de 63 ans assisté de son ami Zalduby. Il a écrit une vingtaine de poèmes ainsi qu'un court roman: Piarres Adame, publié en 1888 à Pau. Ses œuvres ont été données par sa famille au musée basque

J. Pouyet

 

Caveau des Elissamburu au cimetière de Sare

QUELQUES UNES DE SES OEUVRES

Armen hartzera deitu ninduen 

Armen hartzera deitu ninduen gazterik zorte etsaiak / Urrundu nintzen herri alderat itzuliz usu begiak 

 

Hogoigarren urtera

Hogeigarren urtera ari naiz hurbiltzen / Eta neure oinetan tomba dut ikusten 

 

Ikusten duzu goizean

Ikusten duzu goizean / Argia hasten denean

 

Iragan festa biharamunean

Iragan festa biharamunean / Berek dakiten xoko batean

 

Kaiolan nintzenian

Kaiolan nintzenian / Maiz nin dago triste / Kanpoko lagunetan / Bainuen zineste

 

Sorlekua utziz geroz

Sorlekua utziz geroz / Ondikotz hala beharrez / Jainko ona urrikaldu / Da beti nere nigarrez

 

Urrundik ikusten dut

Urrundik ikusten dut Ikusten mendia / Zeinaren gibelean baitut nik herria


Zeinden eder arratsean

Zeinden eder arratsean / Izar arte garbia / Iparretik agertzean /Mariñelen argia

 

Dantzaria 

Hu-pa, mutchillak lorian / Nola choriak airean

 

Apecha eta Lorea : Le papillon et la fleur

Neguaz primadera zenean jabetu / Sasi baten hegian apecha zen sortu / Leku bere anbaitzen lorea gertatu gaixoek Elgar zuten / Biotzez maitatu

 

Maria, fêtes de Sare, 1866

Bertzek eran baitute nik baino lehen / Hainitz adituz delà hainitz ikhasten

 


Bertsulari qui ont cité des faits sur Sare

 

-Piarres Ibarrart en 1884 à Sare. 1er prix pour Uso saretan hatzemana, la palombe prise dans les filets. Il retrace le périple d'une palombe prise dans les filets d'une pantière (voici les 5 premières strophes)

 

Sortu naiz ipharrean, udaren hastean / uso une bakharra ohantze batean /Ait'amek haute hazi lumatu artean / zoriona gozatuz hiruek bakean

 

 

Mundurat agertzean biluzia nintzen / amattok luma pean ninduen berotzen / hazkurriaren biltzen aita zen ibiltzen / nork erran ni ttipian zonbat gosta naizen ?


 

Gaztegi nuen egin ohantzetik jauzi / lagunen zinhesteak daut eginarazi / sasirat erortzea nuen irabazi / amaren bihotzmina ordutik zen hasi



 

Ume zentzu-gabea, zer zautzu gerthatu /
ongi lumatu gabe nahiz hegaldatu ?
/ Ez da behar mirua gidaritzat hartu / ez berten erranari sobera fidatu !

 

Zure hegalak aski luzatu orduko / osto eror denbora zauku, ethorriko / Ipharretik hegora gare airatuko /
ni segituz ez zare bidean galduko

 

-Diharasarry et Daguerre en 1894 à Saint Jean Pied de Port. 1er prix, Baigurako bi artzain, pour Sarako Martira Madalen Larralde hamabortz urtheko neskatxa ou l’enfant de 15 ans, Magdeleine Larralde, martyre de Sare 

 

Duela ehun bat urthe, goibel zagon Frantzia / Herraustera zaramaten jende Kristau guzia / Eskual herrian arrotzak hari ziren gogotik / Bainan Eskualduna tieso... hemen ikus frogatik.

                    

Beratik eta Sarara, Madalena Larralde / Beltchareneko alaba heldu da etxe alde / Lizuniako errekan jadanik da sartua / Uso xuri, uso gazte, doi doia lumatua

                  

Pineten soldado tzarrak, kukuturik sasian / Belatx usoz gosetuak, erne daude guardian / Madalena gaixoari zaizko betan oldartzen / Beren aztapar zorrotzez lau aldetarik lotzen

                    

Espainiako lurretan, diote neskatxari / Zeren ondotik habilan, dena den aithor guri / Kofesatzen naiz izatu Berako komentuan / Jainkoa gabe gozorik ez baitut nik munduan

                           

Neskatxa dohakabea, ixil zan aithor hori / Xahu haiz heltzen bazaio Pinet jeneralari / Hoin gaztedanik hiltzea damu zaikun osoki / Erran hor hindabilala norbeit nahiz ikusi.

 

Gezurra litake hori, ez da haizu gezurrik / Hilik ere, erranen dut hala dena garbirik / Beran kofesatua naiz, horra zer den egia / Ez dut horren aithortzeko aphalduren begia

 

Loturik badaramate, iduri gaxtagina / Sarako Pineten gana Larralde Madalena / Zerk habilka, enuxenta, gure legez trufatzen?/ Beraraino naiz izatu frailetan kofesatzen

 

Pinetek zuen anaia Donibane hirian / Hura zen han buruzagi tribunale gorrian / Hari dio berehala Madalena igortzen / Otso gaitzaren ahora bildotxa bidaltzen.

 

Saratik Donibanera soldaduek burlaka / Badabilkate gaixoa xizpa zurekin joka / Oihu egin zan, ergela: Biba nazionea / Madalenak, aldiz, beti: Bib'erlisionea

 

Zaluki zuen Pinetek hori xuritu / Lephoa moztuz hiltzera neskatxa kondenatu / Bainan hortaz Madalena ez batere tantitu / Bihotza garbi duena zerk behar du izitu?

 

Phestara bezala doha guillotinari buruz / Bertze guziak nigarrez, hura gozoki kantuz / Begiak zerura beha, dio: Salve Regina / Bidera dohakon deituz Martiren Erregina.

 

Madalena Saratarra, igan zare zerura / Egia betikoaren betikotz gozatzera / Dezagun zurekin ikas egiaren maitatzen / Denetan, zer nahi gerta, gezurretik beiratzen

 

 

-Un Ezpeletar Bertsolari auteur de Sarako andregeia en 1869.

 

Gauerdi da herriko orenean / Nihon ez da argirik lurrean / Ez ditake mendian adi deusik / Haizearen harrabotsa baizik.

 

Jautsia da loa begietarat / Xoil Sarako neskatxa gazte bat / Bere leihoan, gau hura bezen triste / Atzarria zagon ordu arte.

 

Zazpi negu iraganak jadanik / Goanez geroz maitea herritik / Eta huna urte bat Mariari / Ez diola berririk egorri

 

Idortean lorea laster histen / Tristezian Maria hiratzen / Ezpainetan ja hil zaio irria / Begia du nigarrez bustia.

 

Urso batek galduz geroz laguna / Kantetzeaz eztitzen du pena / Andregeiak gauazko haizeari /

Minki dio kantu hau egorri

 

Goan zenean oraino haurra nintzen / Anaia bat Joanes neretzat zen / Erestun hau, aitamen aintzinean / Eman zautan adios erraitean.

 

Orduz geroz maiz egiten dut nigar / Hain eder zen, hain zalu, hain azkar!/ Ez zuen hark mendietan parerik.../ Non ote da? Nik ez dut berririk.

 

Bihotza daut ikara batek hartzen / Maitea hil beldur naiz ote den / Nere ama hiltzen ikusi dut iaz / Zorikaitzak gabetu nau aitaz.

 

Gelditu naiz nere amasorekin / Sustengatzen gare elkarrekin / Nik gidatzen ditut haren urratsak / Hark xukatzen daizt nere nigarrak.

 

Ezartzen tut esperantza Jaunean / Indarra dut hartzen otoitzean / Bainan ez da neretzat sosegurik / Maitearen ez baitut berririk

 

Kolpez bortan jotzen du esku batek../ Boz batek dio: Idek azu, idek../ Andregeia, boz hau ezagutzean / Xutitzen da ikara zainetan.

 

Les joutes littéraires entre 1853 et 1900 à Sare

 

Bien qu’elles débutèrent en 1609 par des concours de poésie, en Navarre en particulier, leur renouveau est du à Antoine d'Abbadie pour les concours de chant et d’improvisation organisés à partir de 1853, chaque année, à Urrugne puis Sare, pour s’étendre à Elizondo (Navarre), San Sebastián et Irun (Gipuzkoa), Bilbao, Durango (Bizkaia) et Aramaio (Álava). Ainsi on peut retenir pour le village les dates suivantes :

 

1858-A nouveau les deux improvisateurs Hiribarren de Sare et Zigarroa d’Hendaye furent opposés avec d’autres tels Antoine Choperena de Saint-Pée, Nicolás Pierri de Espelette, Pablo Labandibar de Fuenterrabía y Mateo Goyeneche de Oyarzun

1864-Sare. 1er prix, Dr Larralde pour mutil zaharra, le vieux garçon

1865-Sare. 1er prix, Joanes Berjes pour Artzaingoa, le pasteur

1867-Sare. 1er prix, Joanes Berjes pour Oraiko neskatcha batzu, quelques filles de maintenant

1868-Sare. 1er prix, J. Oxalde pour Soldado ondoan, après le service

1869-Sare. 1er prix, Agustín Etcheverry: Hiltzera dohan haur baten auhenak, les pleurs d’un

enfant qui va mourir

1871-Sare. 1er prix. M. Doyharçabal pour Xori berriketari, l’oiseau messager

1873-Sare. 1er prix. Hergaraya pour Bildotsa ta Otsoa, le mouton et le loup

1874-Sare. 1er prix. M. A. E. pour Jaungoikoa ta Erriya, Dieu et le village

1875-Sare. 1er prix. auteur inconnu pour Ezkila, La cloche

1878-Sare. 2ième prix. Joanes Oxalde pour Khilo-egilearen kantuak, chants du fabricant au rouet

1882-Sare. 1er prix. Piarres Ibarrart pour Ikhazkin mendian, le charbonnier dans la montagne

1897-Sare. 2è prix, Jean Barbier pour Itxasoko arraintzailea ou le pêcheur de mer

 

 

voir aussi

http://www.youtube.com/watch?v=KbKiR3JLw8g

Concours de Bertso aux fêtes de Sare en 1897

(document de Mme Vivensang)

Bertso primé par l'Association Basque à Jean Barbier