Vue aérienne de Sare

Une vue un soir de juin 2011

Les armoiries de Sare

Récompense donnée par Louis XIV, à Sare, en raison de sa valeur et de sa loyauté-1693

L'église Saint Martin

Elle nous rappelle la fuite du temps, comme sur l'église d'Urrugne

"Toutes les heures blessent l'homme, la dernière l'envoie au tombeau"

Le cadran de l'horloge et cette inscription furent refaits gratuitement par un réfugié basque (1936) Maximo Michelena, dénommé MaxMitch (info. Mattin Jorajuria)

Cette église et son clocher ont une histoire dont chacun connaît à peu près la plus récente. "La famille Lahet, antique famille de Bayonne originaire de Sare, était bienfaitrice de la ville et de la cathédrale. On lui doit la construction de la partie supérieure du clocher en 1504. Bernadon de Lahet fit construire un des arcs-boutants appuyés sur le clocher qui fut terminé par son fils Auger de Lahet.
 On doit aussi à cette famille la chapelle de la Madeleine, à l’intérieur de l’église, tandis que dans les archives du chapitre de Bayonne, qui se trouvent à Pau, un acte du 10 août 1421 donne pouvoir à Martin de Lahet de construire la chapelle et l’oratoire de Ste Catherine" (Lahetjuzan)


Voici un résumé de l’époque primitive de sa construction au XVIIe siècle, volontairement limitée au clocher détruit par un incendie en 2003.

L'église Saint martin fut principalement rebâtie du temps de P. d'Axular (curé de Sare de 1600 à 1644). Un exhaussement du clocher eut lieu en 1765 (date inscrite sur la face Sud de la tour), du temps de l'Abbé Robin (curé de 1752 à 1767). A la Révolution, l'édifice fut complètement dévasté.

Comme ailleurs, les cloches avaient été enlevées. Dans sa séance du 30 octobre 1798, la Municipalité s'inquiétait du manque de cloche et le 4 février1802, traita des « réparations urgentes particulièrement le clocher dont la cime a été incendiée par la foudre ». Et dix jours après elle votait un crédit pour l'achat d'une cloche et d'une horloge, l'ancienne ayant été détruite. Les moyens utilisés furent draconiens :

« II sera établi dans toute l'étendue de la commune de Sare un octroi municipal sur les boissons et le gros bétail » !

Ainsi, grâce surtout aux habitants de la Commune fut reconstruit vers 1805 le sommet du clocher, qui avait été détruit par le feu et que l'on surmonta d'une nouvelle Croix-de-Fer. Le clocher, de section rectangulaire (10,35m par 9,55 m), a des murailles de hauteur 22,75 m. Le porche comportait un plafond plancher du 1er étage, au niveau des galeries. Il y avait là une vaste salle utilisée pour des réunions. Le 2è étage était à un niveau un peu supérieur à celui des deuxièmes galeries et l’on pénétrait donc dans celles-ci à partir de quelques marches. Il en était de même pour le 3è étage. De là on pouvait accéder au clocher par un escalier intérieur, en bois, qui traversait trois autres paliers qui constituaient autant d’étages. Le 6è étage correspondait à la hauteur de toiture. Cette toiture, percée de mansardes, était couverte de bardeaux de chêne.

Un groupe de souscripteurs fournit la grande cloche qui se trouvait au 6è étage. Elle portait l'inscription suivante : « Faite à Sare le 3 juin 1805 par Delestan fondeur de Saint‑Esprit», et cette autre «  Sit nomen domini benedictum, dédiée à Saint Martin, patron de la commune de Sare, sous la mairie de Martin Dithurbide et de Jean Dithurbide son adjoint ». Suivaient les noms des membres qui composaient le conseil municipal  « Pierre Harostéguy, Jean Lahetjuzan, Jean Goyhetche, Jean Miqueleperitz, Michel Lahetjuzan, Martin Harostéguy, Jean Larrea, Pierre Etchepare, Michel Dithurbide et Salvat Etcheverry. Marguilliers (membres du conseil paroissial) : Michel Daranatz, Bernard Martinena, Jean Mendiboure, Pierre Detcheverry, Harismendy et Jean Recur ayant coopéré, ayant été bénie par Joseph Vincent Teillary desservant, assisté de Michel Bordaguibel et de Dominique Lahetjuzan, ses vicaires. Servant de parrain le dit Martin Dithurbide Haristéguy, maire, et marraine Marie-Elisabeth Lapeyre‑Lahet, Laurent Ducassou S‑re, Jean Dop T‑er. »

La cloche du chœur, déplacée ensuite vers le clocher, fut donnée par Michel Harispure. A propos de ce don, voici ce que dit M. Wenthworth Webster, dans son ouvrage «  Les loisirs d'un étranger au Pays Basque ». La tradition veut qu'un capitaine de navire de Sare aurait rencontré en pleine mer un navire tout à fait abandonné. Sur le pont il y avait une assez grosse cloche. Il en prit possession et en fit don à l'église de son village. Elle est en bronze et porte cette légende:

Guten af Ishan Jacob Martensen Stockolm 1781.

Au cinquième étage du clocher se trouve l'horloge (1875). 

Bien d’autres travaux ont maintenu et embelli ce clocher depuis lors, jusqu’à ce jour malheureux des fêtes de Sare 2003 où un incendie vint le détruire à nouveau.

 Jean Pouyet

 

Du côté de Portua et une vue depuis l'Ouest sur le village vers 1915